Éthique et maturité, indicateurs du niveau de conscience.

Éthique et maturité, indicateurs du niveau de conscience.

La réflexion qui suit postule que l’éthique et la maturité sont étroitement liées l’une à l’autre.  Que plus les niveaux de maturités – affective, de la pensée et de la conscience – sont élevés, plus l’éthique est présente et peut être incarnée. Que la maturité la plus élevée s’observe chez l’individu ou le système qui tient compte à la fois de lui-même, de l’autre et de l’environnement, en situation et en relation. Qu’une maturité moindre se reconnaît dès lors que l’une ou deux des trois composantes de la relation sont absentes.  

Le postulat de la dynamique évolutive du changement permet de mieux appréhender les cohérences ou les incohérences des individus, des institutions et des organisations. De repérer leurs niveaux de maturités, les articulations de leurs représentations, le sens qu’ils donnent à une valeur et leurs logiques de raisonnement en relation.

  Quatre types de visions aident à le faire : 

 1- La vision de survie de dépendance.

2- La vision égocentrée aristocratique.

3- La vision autocentrée narcissique.

4- La vision autonome systémique.

Elles sont développées en trois points : “Définition, Exemple, Synthèse”, qui aident à repérer les composantes éthiques et non-éthiques des comportements; les articulations entre l’éthique, la morale et la maturité; le sens d’une valeur selon la vision en action.

  • Définition de l’éthique. 

Le dictionnaire écrit que l’éthique est une science morale descriptive ou prescriptible, qui fait la distinction entre le bien et le mal. Il donne exactement la même définition de la morale, ce qui se comprend puisque Morale est d’origine Latine et Éthique d’origine Grecque. 

Pour s’entendre et avoir une même définition, je propose de définir l’éthique comme l’ensemble des règles et des valeurs que l’on a faites siennes et qui n’ont plus besoin d’autres senseurs que sa propre conscience et la morale comme les règles et les valeurs qui sont transmises par la culture et une, ou des, autorités, référentes ; qui, pour être respectée par la collectivité, demande de craindre un senseur extérieur, réel ou imaginaire. On peut comparer l’éthique et la morale au code de la route. L’éthique à ceux qui ont intégré les règles et les valeurs et les respectent, qu’il y ait gendarme ou pas. La morale à ceux qui ne les respectent que par crainte de leur présence.

L’éthique est à entendre comme l’ensemble des valeurs intégrées qui, selon le niveau de maturité, permet de prendre sa part de responsabilité dans la relation. La morale, comme l’ensemble des règles et des valeurs qui décrivent, en termes d’absolus, ce qui est bien, ce qui est mal, sans tenir compte ni des circonstances, ni des situations. Ce qui éclaire la raison pour laquelle il est plus facile de parler de valeurs, de façon absolue, que de les incarner.

  • Finalité d’une valeur selon la vision.

Prenons l’exemple de la valeur respect.  Imaginons que l’on soit obligé de passer la nuit dans le champ d’un tiers. Selon la vision, la valeur respect ne sera pas orientée vers la même finalité et n’aura pas le même sens. Si c’est une vision de survie aux commandes, le respect tiendra compte des risques et des inconvénients. Il sera soumis à la peur et la finalité de la valeur sera d’éviter des conséquences réelles ou imaginaires. Si la vision est égocentrée, le respect sera soumis au besoin de faire valoir son point de vue et la finalité sera d’obtenir satisfaction du besoin. Si c’est une vision autocentrée narcissique, la finalité sera le maintien la représentation, ou l’image sociale, en recherchant un compromis qui le préserve. Alors que si c’est une vision systémique et autonome, la finalité sera de prendre en compte l’ensemble des points décrits, y compris les conséquences du choix de l’emplacement. Le respect tiendra compte des critères et des paramètres de la relation dans la satisfaction du besoin. Chacune des visions, en fonction des circonstances et de la situation définira les contours de l’éthique et donnera un sens à la valeur, qui informera du niveau de la maturité. Il sera important, lors de l’observation, de bien différencier une vision morale sans éthique, d’une vision éthique amorale, d’une vision éthique et morale. 

Ce sont donc, en situation, dans un contexte donné, des circonstances précises que les comportements et les échanges observés informeront du type de vision et du niveau de développement de la maturité. L’incohérence, la cohérence ou la congruence de la personne ou du système observé viendront le compléter.

De ce fait, la vision et la maturité sont le moteur de l’action. Elles donnent aux valeurs, selon les croyances, leur sens et leur finalité dans la relation. Ce qui permet de comprendre Jean-Paul Sartre lorsqu’il écrit “l’enfer est pavé de bonnes intentions”, soulignant, par cette phrase, qu’une valeur, selon l’intention, peut ne pas être ni suffisamment éthique, ni forcément morale.

On peut illustrer ces propos dans l’exemple de l’acte de tuer. Tuer qui est un acte absolument pas moral, qui nie la valeur “respect de la Vie”. Si moralement, dans l’absolu, cet acte est mal et interdit, ne devient-il pas acceptable s’il est mis en œuvre pour survivre en temps de guerre par exemple ? N’est-ce pas le contexte, la situation, la motivation, les intérêts, le but que les comportements traduisent de façon différente d’une personne à une autre ? La vision et la maturité ne sont-ce pas ce qui oriente la façon d’agir ?  N’est-ce pas cette vision qui permet de tenir compte, ou pas, de cette “valeur” importante qui est de préserver la Vie ? Ce qui me fait dire que la vision engendre la finalité du comportement et de l’action, et qu’elle est différente d’une personne à une autre, selon sa maturité. 

Si on accepte cette hypothèse, on peut comprendre que pour une vision de survie, ou égocentrée, même morale, dénoncer ses voisins et valoriser la valeur loyauté, quelles qu’en soient les conséquences, même dramatiques pour les voisins, puisse paraître moral, voire éthique. Que pour une vision autocentrée, se glorifier de faire son devoir, au prix de la mort d’humains ou d’animaux, même si ça n’est ni éthique, ni moral, puisse l’être aussi. Chacun trouvant des arguments avec lesquels ils pourront justifier leur vision, comme par exemple réduire la surpopulation avec des méthodes pas très éthiques, ou protéger leurs moutons en tuant et exterminant ours ou loups, etc.

Ceci semble mettre en évidence que tout un chacun a des valeurs, mais que selon le regard, la vision et la maturité (affective, pensée, conscience), on ne les oriente pas vers une même finalité. Ce qui valide l’hypothèse que l’éthique et la maturité soient étroitement liées l’une à l’autre et qu’une vision systémique est le résultat d’une maturité affective, de pensée et de conscience qui correspond au niveau le plus élevé de conscience d’un individu ou d’un système.

On pourrait décliner la finalité des valeurs en fonction de chacune des visions, mais cela serait fastidieux. Alors prenons juste une autre valeur, comme, par exemple l’honnêteté et voyons comment, selon la situation, le contexte et la vision elle peut avoir une finalité différente. L’honnêteté a-t-elle la même finalité pour une personne qui vole de la nourriture pour se nourrir ? Pour celle qui le fait pour ne pas dépenser son argent ? Pour celle à qui la loi le lui autorise ? Ou pour celle qui ne le fait pas, même si la loi le lui autorise ? Laquelle des visions est la plus éthique ? Laquelle ne l’est pas ? Pourquoi la première ne le serait-elle pas dans le cadre d’une vision de survie ? La vision autocentrée est-elle plus éthique si elle est autorisée ? Je vous laisse en décider.

Alors définir ce qui est éthique et ce qui ne l’est pas, ce qui est bien et ce qui est mal est-il possible lorsque la maturité ne parvient pas à tenir compte des trois critères de la relation ? Sans ces trois critères conjoints est ce qu’il est possible de réduire les injustices sociales, familiales, économiques, politiques ? N’est-ce pas l’absence d’un, voire de deux des critères de la relation qui l’en empêche ? Comment être le plus juste possible si l’on n’a pas une vision systémique autonome et une maturité relationnelle ? A méditer…

Quelle que soit votre réponse, est-t-il incongru de dire que la vision fait agir ? Que le niveau de maturité conjoint à la morale précise le bien et le mal ? Que l’éthique oriente les valeurs et précise leurs finalités dans la relation ?

  • Récapitulons les points développés avec la dynamique évolutive du changement :

1- La vision, selon les présupposés de la dynamique évolutive du changement, offre, selon son incohérence, sa cohérence ou sa congruence, des informations sur la maturité affective, de pensée et de conscience des personnes et des organisations. Elle le fait sur la finalité des valeurs, des croyances et du sens qui est donné à la relation.  Elle tient compte des niveaux de dépendance, de contre-dépendance, d’indépendance et d’interdépendance de chacun. Elle apporte un éclairage sur le niveau de maturité des représentations affectives, de l’articulation de la pensée pour savoir si elle est morcelée, linéaire clivée ou systémique, sur le niveau de conscience des enjeux de la relation. Elle offre une compréhension de la spécificité des personnalités, sur l’organisation de leur représentation psychique et leurs vécus internes en relation.

2- La vision de survie oriente l’attention sur l’autre pour répondre à son besoin de sécurité – la vision égocentrée le fait afin de construire son identité “moi” qui, pour s’affirmer, le conduit à s’opposer à l’Autre, sans en tenir compte vraiment dans la relation – la vision autocentrée le fait pour maintenir l’image sociale, le rôle, en se comparant, se dépassant, repoussant ses limites dans une dynamique de compétition qui oblige de tenir compte de l’autre – la vision systémique oriente l’attention sur soi en lien avec l’autre et l’ environnement, dans une recherche d’épanouissement, d’harmonie et de développement du savoir être en relation.

3- Les maturités (affective, de la pensée et de la conscience) sont toutes trois les composantes de la vision, qui conditionnent selon leurs niveaux les attentes, le sens et le positionnement dans la relation.

4- Les quatre phases qui vont de la dépendance à l’autonomie sont quatre étapes incontournables du changement et de l’évolution, qui sont composées d’apprentissages pour répondre aux manques et aux besoins afin de développer les maturités nécessaires à une véritable autonomie.

5- L’éthique est la mise en action du niveau de maturité du sens de chacune des valeurs. L’intégration, de ces valeurs et des règles, correspond au niveau d’évolution et de maturité de chacun.

6- La morale est une impérative nécessité pour différencier ce qui est bien de ce qui est mal. Elle est transmise par l’éducation, les apprentissages et l’hérédité culturelle. Elle est la référence pour le bon fonctionnement social, sociétal et collectif. Elle est soumise au regard d’une autorité extérieure à soi-même (Dieu, parents, social, police ou autre autorité) qui conditionne les comportements, sans qu’ils soient forcément éthiques. 

Ces 6 points permettent de conclure que la maturité est seule à garantir une relation éthique et respectueuse. Que, de tenir compte de soi, de l’autre et de l’environnement, d’accepter l’altérité et les différences, de concevoir la complexité de la relation, d’intégrer les règles et les valeurs morales en sont les conditions pour un bien vivre ensemble.

La congruence informe de la prise en compte de la complexité ! L’éthique est la maturité la plus élevée pour un individu ou un système et elle se reconnaît lorsque ce qui est pensé, ressenti, dit et fait se traduit en comportement qui se parle à la première personne du singulier sans être généralisé.

La dynamique évolutive du changement, comme son nom l’indique, postule que tout est en permanence en évolution et en changement donc sans fin. D’où mon invitation, à ceux qui le souhaitent, de compléter ces propos, de les faire évoluer en y apportant de nouveaux éclairages.

Jean-Marc Farahmand 

Pau le 7/7/2020 

www.dynamique-evolutive-changement.com

Présupposés pour un Coaching écologique*

THÉORIE & PRÉSUPPOSÉS

  1. Le sens de l’échange est donné par 5 à 9% du message verbal. 91 à 95% l’est en observant le non-verbal (gestes, attitudes, mimiques) et écoutant le para-verbal (ton, souffle …) .
  2. Le message verbal n’est que la symbolisation des représentations internes. 
  3. Le sens n’est qu’une traduction en représentation et image interne, de l’intuition, de sensations, de connaissances et de savoirs (être et faire). Ce qui justifie le besoin de reformuler et de faire préciser si l’on veut vraiment comprendre celui de l’Autre.
  4. Le sens c’est l’interprétation de l’information communiquée. Le positionnement (1), le modèle du monde (2) et les maturités (affective, pensée, conscience)(3) sont les paramètres qui colorent l’échange et la relation.
  5. Le positionnement pouvant-etre associé, dissocié, sympathique, emphatique, dépendant, contre- dépendant, indépendant ou interdépendant, il colore de multiples façons la relation et l’échange.
  6. Le sens de l’information est au final donné par le destinataire.
  7. L’échange et la relation sont les seuls moyens de décrypter le positionnement et les maturités.
  8. La vision singulière de chacun est à la fois le moteur et le frein dans la relation. 
  9. L’éthique et la morale sont seules à pouvoir garantir le respect écologique de la relation.

RÔLE DU COACH :

C’est de se centrer sur la communication. D’écouter le discours verbal et les signaux non- et para-verbaux. D’écouter ses ressentis. D’entendre les non-dits. D’observer les projections transférentielles du client. D’être attentif à ses propres projections. De repérer le processus parallèle si il y en a. De décrypter les informations en les reformulant. De mettre en parole et en musique les informations  partagées. De permettre au client de se dire, de s’entendre, de s’exprimer. D’aider à l’émergence du ou des  talent(s) comme de la mise à jour des limites. D’aider à lever les résistances et vérifier que l’objectif soit atteignable. D’aider à l’élaboration d’options par le client pour qu’il se crée une représentation sécure et écologique qui lui permette d’atteindre son objectif.

POINTS IMPORTANTS DE L’ACCOMPAGNEMENT,

  1. Définir avec le client un objectif clair et réalisable.
  2. L’aider à sortir des conflits paradoxaux que produit le choix comme tout changement.
  3. L’accompagner de façon éthique, en tenant compte des résistances.
  4. Tenir compte de la carte du client, car si elle n’est pas le territoire, elle est sa représentation du terrain et la fondation de sa créativité.
  5. Accepter les limites des deux parties.
  6. Tenir compte de la singularité de la personnalité et des portes  privilégiées de la communication. 
  7. Aider à élaborer en paroles les représentations.
  8. Accompagner le changement par étape, en fonction de la maturité (affective, pensée, conscience) en situation.

COMPÉTENCES QUI FAVORISE L’ACCOMPAGNEMENT.

  • Savoir se centrer sur la personne. 
  • Savoir se synchroniser avec elle.
  • Savoir décrypter le non-verbal.
  • Écouter la difficulté et la plainte.
  • Être bienveillant.
  • Être attentif aux ressentis et aux émotions.
  • Repérer le canal neurolinguistique de prédilection (visuel, auditif, kinesthésique, olfactif et gustatif).
  • Repérer la porte de communication (pensée, émotion, ressenti, comportement).
  • Repérer les drivers scénariques (besoin d’être parfait, de faire plaisir, d’être fort, de faire des efforts, de se dépêcher).
  • Savoir décrypter la fonction du symptôme (conséquence) et la fonction positive (intention).
  • Explorer et mettre à jour les inconvénients et les résistances au changement.
  • Repérer les transactions cachées et les demandes non formulées explicitement.
  • Repérer les jeux psychologiques.
  • Soutenir et conduire le changement.
  • Proposer des pistes d’améliorations et de progrès.
  • Proposer plutôt que d’imposer.
  • Soutenir et valider la capacité à changer.
  • Accepter et respecter la vitesse du client pour que sécurité, confiance et compétences émergent.

JEAN-MARC FARAHMAND 

www.dynamique-evolutive-changement.com  

1- référence aux présupposés des positions de vie de l’analyse transactionnelle. 2- référence aux présupposés de la PNL. 3- référence aux présupposés de la dynamique évolutive du changement.

* Écologique = qui tient compte de l’homéostasie de la personne ou du système.

Coaching écologique* Théorie – présupposés – méthode – Étapes.  

Dynamique Évolutive du Changement (D.E.C) : Concept et présupposés

Le concept de la D.E.C. est basé sur les présupposés :

– Que dès la naissance, l’enfant, comme tout système humain, est soumis à des dynamiques qui le pousse à se développer, faire des apprentissages, croître, s’autonomiser, satisfaire ses besoins en s’adaptant aux exigences de son environnement ;
– Que la relation qu’il a à son environnement lui permet d’acquérir, ou pas, la sécurité nécessaire pour accepter le changement ;
– Que des apprentissages sont nécessaires pour acquérir les compétences, capacités, aptitudes et talents qui permettent de répondre aux exigences d’un environnement lui-même en évolution permanente.

La D.E.C. offre une grille de lecture qui permet de faire des hypothèses sur :

– Le niveau de conscience des individus ou des systèmes étudiés ;
– Le type de perception que les individus observés ont des situations ;
– Le type de relations qu’ils entretiennent avec leurs pairs et leur environnement ;
– Le positionnement et la place qu’ils occupent ou qu’ils s’octroient ;
– Le mécanisme et les raisons qui les font agir de façon passive ou active dans la résolution de problèmes ou de difficultés ;
– Les motivations qu’ils ont à mettre en œuvre, ou pas, des actions pour résoudre les difficultés des situations observées ;
– Les raisons de leurs comportements et les motivations qui les poussent à s’investir, ou pas, dans le secteur de vie concerné.

Elle a l’ambition de faciliter l’accompagnement en proposant une cartographie mentale empruntée à l’Analyse Transactionnelle, la Psychanalyse, la Biodynamique, la Programmation Neurolinguistique, l’Analyse Systémique, la Psychosocionomie et la Spirale Dynamique, le tout regroupé sur un schéma facile à s’approprier et compréhensible par le plus grand nombre.

Ce concept regroupe ses approches sur un schéma unique pour permettre :

– De comprendre et de retenir ce que chacun sait intuitivement, mais qu’il ne sait pas qu’il sait ;
– De se construire une grille de lecture pour classer ce qui est observé ou analysé ;
– De répondre aux besoins pour atteindre le ou les objectif(s) souhaité(s) ;
– D’aider à l’élaboration de stratégies d’accompagnement au changement ;
– De répondre aux demandes en tenant compte des motivations qui les sous-tendent ;
– De faciliter aussi une compréhension et pouvoir se représenter entre autres :
– Le stade de maturité de l’individu et du système,
– La vision des personnes ou du système à chaque étape,
– Les raisons de l’absence de compétences selon l’étape,
– Le cheminement pour acquérir des compétences.

Mais aussi de :

– Penser l’accompagnement en terme de recherche de ressources ;
– Proposer des stratégies pour combler ou satisfaire les manques ;
– Avoir un fil conducteur de la progression à respecter pour réaliser les buts et objectifs ;
– Avoir une grille de lecture pour cibler les besoins à satisfaire et les compétences à parfaire ;
– Comprendre le niveau d’élaboration de la pensée ;
– Comprendre le niveau de maturité affective ;
– Repérer les talents à chacune des étapes.

Que permet cette grille de lecture et que peut-on observer ?

L’enjeu de tout accompagnement étant d’aider à l’acquisition de talents et de compétences nécessaires à la réussite du changement, ce concept cherche à offrir à ceux qui accompagnent, comme à ceux qui sont accompagnés, de savoir repérer les besoins, critères et conditions qui permettent de répondre au mieux aux besoins, demandes, buts et objectifs nécessaires à une réalisation et à l’évolution personnelle pour l’individu, ou collective pour les systèmes.

Deux indicateurs sont à prendre en compte pour chacune des étapes :

1. La maturité affective ;
2. La maturité de la pensée.

Comment s’évalue ou se mesure la maturité ?

1- La maturité affective se mesure à la manière dont l’individu ou le système tiennent compte, ou pas, de l’écologie de la relation et de leur façon de satisfaire besoins et envies.
(Le niveau de maturité le plus élevé étant attribué aux individus ou aux systèmes qui ont la capacité de pouvoir répondre et de satisfaire leurs besoins et envies en tenant compte des conditions, des circonstances, de l’autre et de la relation systémique au moment de la mise en action de leur choix).

2- La maturité de la pensée des individus ou des systèmes quant à elle s’évalue à la manière dont ils organisent les représentations qu’ils se font des situations, des liens qu’ils font entre les idées formulées et leurs mises en actions, du recul qu’ils prennent, ou pas, face aux événements, etc.
La maturité de la pensée est aussi évaluée à la capacité à pouvoir élaborer émotions et ressentis en mots et à pouvoir les exprimer de façon adaptée en paroles, comportements et actions.

Principaux postulats concernant l’analyse de la dynamique relationnelle :

– L’observation de l’évolution appartient à un référentiel individuel et collectif ;
– Tout système est composé d’individus dont le changement impacte de façon systémique la perception de l’observateur, du système et de l’environnement ;
– Tout ce qui est observé et évalué se fait à partir du cadre de référence de l’observateur, lui-même soumis aux relations conscientes et inconscientes qu’il entretient avec les objets, les personnes, les concepts et les idées observées.
– Plus le cadre de référence de l’observateur est large, plus son évaluation, sa motivation et son intérêt pour la situation observée offrent de liberté à un ajustement écologique ;
– Enfin, tout changement est le résultat d’une dynamique logique et contradictoire qui oblige tout individu, groupe et système à remettre en question certitudes et connus, sans lesquels s’adapter à du nouveau pour évoluer reste impossible.

Quatre dynamiques relationnelles sont prises en compte dans cette approche :

1. La dynamique du besoin de sécurité ;
2. La dynamique du besoin de liberté ;
3. La dynamique du besoin de s’individuer ;
4. La dynamique du besoin de se dépasser et de se transcender.

1. Le besoin de sécurité, comme première dynamique relationnelle de croissance

La sécurité étant le premier besoin de l’être humain, le satisfaire est une priorité aux niveaux physique, physiologique, psychologique et en particulier pour le confort relationnel. Répondre à ce besoin facilite les échanges qui rendent les relations confortables. Six étapes permettent de mesurer le niveau de sécurité dans les échanges. Le niveau maximum est observable lorsque l’individu s’exprime d’une façon authentique, sans la crainte d’être jugé et sans avoir besoin de calculer ses réponses dans la relation.

Le besoin de sécurité étant le premier et le plus important des besoins, la D.E.C, lors de tout accompagnement, y porte un intérêt particulier car elle postule que réussir le changement n’est possible que si la sécurité minimum est présente pour favoriser les décisions qui le permettent.

Pour aider la mise en place de cette sécurité, la D.E.C propose des apports théoriques qui facilitent une compréhension du processus, rassurant ainsi les personnes accompagnées et leur permettant de l’intégrer dans les meilleures conditions possibles. Le groupe, la dynamique et l’intelligence collective étant la voie la plus rapide pour y parvenir, la D.E.C. apporte pour le faire la garantie d’un cadre sécure et bienveillant aux individus afin qu’ils puissent expérimenter, s’approprier et transposer leur apprentissage lors de nouvelles situations et expériences relationnelles.

La peur étant la plus fidèle compagne de la sécurité, le concept de la D.E.C invite à en distinguer deux sortes : les peurs réelles et les peurs imaginaires. Les peurs réelles étant et restant nécessaires, c’est aux peurs imaginaires que la D.E.C. s’intéresse. Le travail qu’elle propose vise à comprendre comment s’en libérer et l’importance de la sécurité relationnelle pour y parvenir. De ce fait, elle offre des outils et de la théorie conjointement, ainsi qu’un espace d’expérimentation qui permet de restaurer la confiance nécessaire pour accepter le changement.

Les apports théoriques développés, concernant cette première dynamique, parlent de posture de dépendance, du besoin de symbiose, d’être nourri, d’exister et des modes de comportements des individus et des systèmes, ainsi que des types d’angoisses et de peurs rencontrées à ce stade, comme celle bien connue par exemple d’être rejeté.

Chaque module étant une mise en mouvement de la théorie développée, ils offrent un espace expérientiel de cette théorie qui aide les participants à se l’approprier.

2. Le besoin de se différencier comme deuxième dynamique relationnelle de croissance

Si la première dynamique de tout être humain, dès la naissance, est de se mettre en sécurité, fonction assurée automatiquement par le cerveau reptilien, la seconde paradoxalement le pousse à chercher plus de liberté, à s’autonomiser, à se différencier et à créer son identité.

La rencontre de ces deux dynamiques opposées est la source des tensions psychiques qui tôt ou tard s’extériorisent dans des conflits relationnels.

Ces tensions à l’origine de la mise en route des changements, obligent individus et systèmes, pour s’en libérer, à faire des compromis, à remettre en question des paradigmes, à prendre de nouvelles décisions et à satisfaire des besoins pour répondre au mieux aux situations et attentes de l’environnement.

Cette dynamique à l’origine des conflits relationnels est donc la source du changement et de l’évolution. Les conflits permettent à la fois la prise de conscience de soi, des autres, de la relation, de l’altérité, des différences et de notre identité propre subjective et autonome.

Les intentions et les intérêts qui s’expriment par ces besoins contradictoires sont le moteur d’une recherche de solutions pour apaiser les conflits. Que les conflits soient aux niveaux physique, physiologique, psychologique, social ou relationnel, tôt ou tard, ils provoquent le changement. La dynamique conflictuelle favorise donc ainsi le terrain pour que les individus et les systèmes se différencient, s’autonomisent, se développent et trouvent ainsi leur identité propre.

Sortir des conflits demande de faire de nouveaux apprentissages sous forme d’essais, d’erreurs, créant à nouveau de l’insécurité. Pour la maîtriser, rien de mieux que de mettre en place une pensée contrôlante qui tôt ou tard donnera des certitudes et engendrera des privations, en particulier de liberté, des limites, des empêchements, des enfermements, source de nouveaux conflits, relançant la spirale du besoin de liberté que le besoin de s’individuer permettra.

Pour aider à sortir des conflits des deux premières dynamiques, la D.E.C propose des ateliers composés d’apports théoriques, d’exercices pour sortir de la contre-dépendance, changer d’attitudes et de comportements et comprendre les avantages, les inconvénients et les bénéfices secondaires ou cachés que permettent ces conflits.

Les ateliers expérientiels proposent d’apprendre à sortir des auto-jugements, des croyances limitantes à l’origine des conflits et de réaliser que ce sont les auto-jugements qui sont à l’origine du sentiment de honte et des blocages qui empêchent l’expression de soi, offrant ainsi le moyen de s’en libérer et de s’ouvrir au besoin de s’individuer.

3. Le besoin de s’individuer comme troisième dynamique relationnelle de croissance

La troisième dynamique importante au changement permet aux individus et aux systèmes de sortir des doubles contraintes des dynamiques précédentes, en affirmant leurs différences et repoussant leurs limites. Elle remet en mouvement le besoin de liberté aux dépens de celui de sécurité en favorisant l’expérimentation et l’action. L’action étant la source et le moteur de l’épanouissement des individus et des systèmes, s’individuer leur permet de repousser leurs limites, de se connaître, de se réaliser, d’atteindre leurs buts, mais au détriment souvent des liens affectifs et relationnels, les conduisant à expérimenter un sentiment de solitude qui sera le moteur à la fois du besoin de développer leur confiance en eux, la responsabilité de leurs choix et de leurs actions, déterminant ainsi une plus ou moins bonne estime d’eux-mêmes, en fonction des expériences plus ou moins bien réussies.

Le renoncement à la sécurité affective immédiate au profit de l’indépendance oblige ceux qui y accèdent à compenser leurs manques en construisant un moi solide, dans une dynamique de compétition, qui entraîne comme inconvénient un besoin de se comparer, une obligation d’être le meilleur, le plus grand, le plus fort etc., accompagné des craintes correspondantes, celles de ne pas être à la hauteur, à la bonne place etc., que la psychanalyse nomme « angoisse de castration ».

Pour aider à sortir de ce processus, la D.E.C propose dans ses ateliers de pouvoir oser être soi et se faire confiance, en offrant, comme pour les précédents, des apports théoriques, des mises en situations de la théorie et un espace expérientiel qui favorisent une sortie des automatismes en comprenant les avantages, les inconvénients, les bénéfices secondaires de ces mécanismes qui nous agissent ainsi que les moyens pour se libérer et se réaliser.

Ce troisième atelier expérientiel favorise l’émergence de la confiance en soi, une bonne estime de soi, un lâcher des auto-jugements, l’affirmation, l’individuation et la participation à l’évolution que cette spirale du changement offre à l’aventure humaine.

4. Le besoin de se transcender comme quatrième dynamique relationnelle de croissance

La quatrième dynamique, celle du besoin de se dépasser et de se transcender, complète les précédentes avec comme motivation celle d’équilibrer les différents besoins et retrouver l’homéostasie et l’harmonie systémique nécessaires à toute relation.

Si la première dynamique agit et fait agir sous l’influence de la peur en créant la dépendance et la recherche de sécurité, la seconde mue par le désir d’autonomie et de liberté se met en mouvement en cherchant à satisfaire conjointement les deux dynamiques. Ce qui engendre indécision, culpabilité, sentiments paradoxaux, pensées clivées, binaires, auto-jugeantes et contre-dépendance qui s’exprime avec une alternance de la dévalorisation et de la sur-valorisation de l’une ou l’autre des parties.

La troisième dynamique engendre l’indépendance, elle permet de sortir du clivage en agissant et en prenant sa responsabilité. La liberté d’action offre par cette dynamique la possibilité d’affirmer son identité et construire son image sociale. L’action prime, la coopération est possible si et seulement si, la sécurité de l’image sociale est préservée et valorisée.

La quatrième dynamique invite quand à elle à se transcender favorisant ainsi l’émergence :

– De l’Être aux dépens du paraître ;
– D’une estimation du progrès comme mode d’évaluation et comparaison au lieu d’une obligation ne faisant pas sens en provenance de tiers ;
– Du choix de la coopération à celui de la compétition inutile ;
– Du choix de la vie à celui de la survie ;
– Du choix de l’inclusion à celui de l’exclusion.

Mais permet aussi de croire que :

– S’améliorer entraîne le progrès de l’ensemble du système et que l’autre est un élément qui le favorise ;
– Chacun est capable d’être auteur et créateur de sa vie ;
– Chacun est l’égal de l’autre et que l’altérité est une richesse dans la relation.

Et de postuler que :

– La relation harmonieuse et équilibrée est nécessaire aux progrès ;
– L’interdépendance change la vision que l’on porte sur l’autre ;
– L’autre n’est pas un(e) rival(e) à éliminer mais un(e) partenaire nécessaire à la croissance et à l’évolution collective.

Cette vision demande d’avoir le niveau de maturité affective nécessaire et de posséder une pensée systémique et complexe décrite par Edgar Morin.

Pour aider à conscientiser ce processus et réussir à l’incarner, la D.E.C propose des apports théoriques, des exercices expérientiels, une compréhension des mécanismes et l’émergence de la vision systémique en relation. L’intelligence collective et le travail de groupe, comme pour les précédents, offrent aux participants la possibilité de se libérer des auto-jugements, d’expérimenter la confiance en soi, la confiance en l’autre, comprendre l’importance de la complémentarité et la coopération, etc.

Ce quatrième atelier offre la possibilité d’acquérir une vision et une conscience de l’importance de la coopération, des inconvénients de la compétition lorsqu’elle n’est pas nécessaire, et d’apprendre à discerner ce qui dans la relation le permet ou pas, en tenant compte des besoins et de la situation in situ.

La dynamique du changement étant une spirale évolutive, les ateliers et le concept offrent la possibilité de concevoir et de comprendre les mouvements qui nous agissent, les étapes qui mettent en route le changement, les difficultés que l’on retrouve à chaque nouveau cycle et les processus qui nous agissent aux niveaux relationnel, psychologique, social, familial, professionnel et sociétal.

Enfin, comprendre ces dynamiques aide à comprendre les étapes importantes de la relation, les liens qui nous agissent, les moyens de passer d’une relation adaptée, voire suradaptée, de survie à une relation mature en offrant une carte routière pour mieux comprendre comment se réaliser.

Jean-Marc Farahmand
Pau, le 13 août 2018

Se faire confiance pour oser être soi

Se faire confiance pour oser être soi

Se faire confiance pour oser être soi. Cette réflexion est le fruit des questions que j’ai dû me poser pour développer le processus et la mise en œuvre de l’atelier du même nom, proposé lors du troisième module de la dynamique évolutive du changement. Je profite de cette occasion pour les partager avec vous qui lisez cette article. J’ai l’espoir aussi qu’il puisse vous être profitable. Voici les trois questions que je me suis posé :
1. Comment définir l’état de confiance ?
2. Quels sont les moyens pour se faire confiance ?
3. Comment définir cet état que l’on nomme être soi ?

Pour répondre à la première, bien que cela soit difficile à décrire, on peut dire que l’état de confiance correspond à un vécu, ou aucun sentiment, aucune sensation et aucune pensée viennent empêcher ou entraver l’expression de ce qui doit être exprimé ou partagé et ce quel qu’en soit le contexte, l’environnement et le moment ou il se produit. Dans ces moments là, l’émetteur s’exprime alors de façon naturelle, que ce soit volontairement ou involontairement.

Et comme toute définition ne peut-être complète que si l’on en définit son contraire, nous pouvons alors dire que :

Le manque de confiance est un état dans lequel une pensée, un sentiment ou un ressenti empêche de façon consciente ou non l’expression spontanée de tout propos ou de toute action.
Le présupposé est donc que même si l’on n’arrive pas à l’identifier, il y a derrière cela un jugement qui empêche, à tord ou à raison, de communiquer ou de faire ce que l’on souhaite exprimer, de façon simple et spontanée.

C’est un postulat qui présuppose que le manque de confiance est le résultat produit par un mécanisme de défense, composé de juges et de croyances, qui, pour protéger son auteur, lui font ressentir une insuffisance dans l’élaboration de ses propos ou ses actions, l’empêchant ainsi de les exprimer simplement et spontanément. Le problème de ce mécanisme est qu’il pousse l’individu à anticiper les résultats en lui faisant projeter, pour se rassurer, ce dont il a le plus peur et qu’il imagine de la situation et de ce qu’il pourrait rencontrer.

Ce mécanisme de défense a comme inconvénient principal de confirmer en permanence les croyances de celui qui les active. Il empêche celui qui se protège à se risquer à de l’imprévisible. Il le spolie de ses resources et l’empêche de faire les apprentissages nécessaires à son épanouissement. Il est donc le principal empêchement pour se faire confiance. C’est pourquoi lors des ateliers, en général et de celui là en particulier, nous proposons aux participants, dans un premier temps, de revisiter ce mécanisme. Puis dans un second temps nous leur offrons des outils pour apprendre à s’en détacher. Les outils qui sont proposés sont en majorité issus de l’intelligence collective en action. Ils apportent des options et des solutions aux participants en leur permettant d’élaborer ce dont ils ont besoin pour s’en libérer. À l’issue de ce travail, les options qu’ils choisissent leur permettent de lâcher leurs visions enfermantes et leur apportent une ouverture sur du nouveaux, contribuant ainsi à une libération et à leur épanouissement.

C’est ce mécanisme de défense qui est le moteur de toutes les difficultés. Il confirme sans cesse ce que l’on croit de soi, en nous faisant nous répéter sans cesse que nous ne sommes pas suffisamment ceci ou cela, pas capable de, ou pas à la hauteur de, etc…

Si nous acceptons que nous sommes conditionnés par des croyances, dont certaines sont aidantes et d’autres limitantes, si nous acceptons que nous sommes conditionnés par la façon dont nous avons été éduqués, par notre milieu, par le lieu ou nous avons grandit, par les conditions sociales, sociétales et culturelles propre à notre milieu, si nous acceptons que ce que nous avons connu nous a façonné, nous pouvons comprendre que notre vision, celle que l’on a des gens, des choses, de notre entourage, comme de notre environnement, conditionne le regard spécifique que l’on porte sur tout ce que nous côtoyons. C’est donc ce conditionnement qui nous a façonné et nous a appris à nous adapter, voire à nous sur-adapter au monde et notre environnement.

Ce conditionnement définit et colore donc continuellement notre vision des situations dans lesquelles nous trouvons le contexte favorable pour être ou ne pas être en confiance. Notre vision et nos comportements résultent de nos croyances et de leurs mises en action, ce qui explique que certaines fois nous sommes en confiance et d’autres fois nous nous sentons en difficultés.

Ceci donne une piste pour expliquer comment certaines fois il est difficile de s’affirmer et de se montrer comme on est. Pour arriver à se faire confiance, le plus souvent nous allons devoir accepter de déconstruire et de déconditionner nos représentations et nos croyances qui ne sont plus adéquates aujourd’hui et en trouver de nouvelles pour pouvoir répondre à nos nouvelles aspirations.

Se détacher, les modifier, voire les changer va nous conduire à accepter nos imperfections et par conséquent nous accepter tel que l’on est et par capillarité renoncer de chercher à correspondre ce que d’autres ont voulu que l’on soit, qu’ils nous l’aient dit ouvertement ou seulement suggéré.

Changer notre regard sur nous-même, sur les autres et sur le monde résulte d’un parcours et d’un choix qui demande de remettre en question notre vision. Que le changement se fasse de façon volontaire, suite à une souffrance ou à un accident de la vie, ou qu’il soit subit, il s’accompagne toujours d’une obligation de prêter à la fois plus d’interêt à nous-même et à la façon dont nous nous relationnons avec les autres.

Ce travail de déconditionnement conduit à ce que l’on nomme l’autonomie. Celui qui y parvient adopte de plus en plus un positionnement et des comportements qui se traduiront dans ses relations de façon authentique.
Cette congruence que permet l’authenticité est ce qui conduit l’individu à ne plus se préoccuper des jugements des autres, à ne plus se comparer, à ne plus chercher à prévoir ni à anticiper les situations qu’elles soient prévisibles ou pas. Ne ressentant plus ni danger, ni menace face à des visions différentes, l’individu réussit à se sentir libre d’être qui il est et comme il est.

C’est ce qui me fait postuler qu’être soi est un état, un positionnement dans lequel chacun se sent en accord avec lui-même. Ce qui veut dire en accord avec ses états émotionnels, sa façon de s’exprimer, ses défaillances, ses difficultés, ses manques, sa vulnérabilité.
Ce qui n’est possible que si l’individu se détache de ce que pense ou souhaite les autres, sans pour autant les ignorer ou sans foutre.
Cette état est un vécu dans lequel il n’y a plus la crainte de ne pas correspondre à ce que veulent ou souhaitent les autres.

Être soi, c’est nous différencier de notre image sociale à laquelle, durant de longues années, nous nous sommes identifiés. Se différencier de son image sociale offre une liberté qui permet de ne plus craindre ce que pensent ou attendent les autres. Cette liberté permet ainsi de se montrer sans artifice ainsi, n’ayant plus besoin de défendre son image, il n’est plus nécessaire de surjouer sa place et du coup nous permet de n’être que le héros de notre vie quotidienne et d’en assumer librement nos fonctions.

Être soi peut donc se définir comme étant un état qui facilite toute relation, que ce soit de soi à soi ou que ce soit de soi aux autres. C’est ce qui apporte la plus grande sécurité quels que soient l’environnement, la dynamique et le mouvement. Cette état contribue à avoir la présence nécessaire que l’on doit porter à soi-même, sans ne plus s’obliger, ni se forcer à quoi que ce soit autre que d’être respectueux de son entourage et de ses obligations que l’étique nécessaire à un bien vivre ensemble demande.

Être soi correspond donc à une sortir de la sur-adaptation enfantine, qui fut la première à nous construire, pour devenir des hommes et des femmes ayant atteint une véritable maturité affective.

JEAN-MARC FARAHMAND

Pau le 3 Avril 2018

Parler pour se comprendre.

Parler Pour Se Comprendre.
Élaborer Les Maux En Mots, Donner Du Sens, Sortir De La Souffrance.
Préalable Incontournable À Tout Changement.

THÉORIE ET PRÉSUPPOSÉ

1. La communication verbale n’offre que 7 (plus ou moins 2) pour cent de l’information de tout message exprimé. Le reste, (donc la plus grande partie) de l’information, est transmis de façon inconsciente par la manière dont l’émetteur s’exprime, tant par ses attitudes non-verbales (gestes, attitudes, mimiques) que par son expression para-verbales (ton, souffle, etc).

2. Le second présupposé est que ce que l’on communique à l’extérieur est le reflet de notre discours interne. Le sens et la façon dont nous communiquons informe du discours que l’on se tient à soi même de façon consciente ou inconsciente.

3. Le sens de la communication est fonction des représentations propres de chacun. La réponse est toujours fonction de la position que peut adopter le récepteur.

4. La position est fonction de la façon dont le récepteur s’associe, ou se dissocie, de ses propres représentations.

5. Ce sont les représentations du destinataire qui induisent et en donnent le sens.

6. La réponse, qu’elle soit positive, critique ou défensive, est fonction de la position que le récepteur adopte au moment où il l’émet.

LE RÔLE DU THÉRAPEUTE

1. Le thérapeute se centre sur la communication de la, ou des personnes avec lesquelles il échange. Il écoute le discours verbal. Il reste disponible aux signaux transmis de façon implicite. Il écoute son propre vécu. Il cherche à entendre les non-dits. Il observe les projections qui sont faites sur lui. Il analyse le transfert. Il tient compte de ses ressentis. Il obtient des informations en observant ce qu’il projette lui-même, par son propre contre-transfert, sur son interlocuteur. Il reste attentif au processus parallèle. Il observe les interactions non-verbales. Il écoute le discours parlé, mais aussi les échanges para-verbaux et non-verbaux. Il écoute et observe son ressenti dans l’échange. Il décrypte les informations et le contenu du message exprimé afin d’aider le client à les mettre en paroles.

2. Son rôle est de permettre à la personne de se dire, de s’entendre, de s’exprimer. Il l’aide, dans la mesure du possible, à une prise de conscience pour que puisse s’opérer la rectification de ce qui doit l’être. Il l’aide à sortir du conflit et de la souffrance. Il l’aide à mettre du sens et de la cohérence là ou la confusion empêche d’être et de se sentir en sécurité.

3. Pour y parvenir il aide son interlocuteur à repérer les conflits présents qui peuvent être :

• Entre ce que l’interlocuteur veut et ce qu’il fait.
• Entre ce qu’il vit et ce qu’il veut.• Entre ce qu’il pense de la situation, ce qu’elle lui évoque et les possibilités qu’il a pour les modifier.
• Entre les mouvements paradoxaux qui l’agissent.
• Entre ses envies et ses peurs.
• Entre ses besoins personnels et les besoins collectifs.
• Entre son potentiel, son image et ses croyances (sur lui, les autres et le monde).
• Et bien d’autres encore.

4. Il l’écoute, car écouter c’est permettre à celui qui est écouté de mettre en mots, en paroles, tout ce qu’il ne peut ou n’a pas pu dire. C’est lui permettre aussi de dire en mots ce qu’il a envie de crier et de ce qu’il ne sait pas exprimer autrement que par des maux.

5. Écouter c’est aussi permettre à celui qui s’exprime de se dire et de parler de :

• Ses représentations imaginaires et de ce qui active son imagination.
• Ses émotions et de ses sentiments.
• Son ressenti.

6. La parole est le seul moyen de mettre en mots l’ensemble de ces langages. Elle est la seule façon de les symboliser pour les communiquer à l’entourage.

7. Elaborer le contenu de ces différents langages en paroles est ce qui permet de leur donner du sens, de pouvoir s’orienter et d’arriver à se rassurer.

Il est bon de rappeler que les symptômes sont l’expression, par des maux, de ce qui n’arrive pas à être mis en mots donc de ce qui n’arrive pas à se dire.

L’ I M P O R TA N C E  D E  L A  PA R O L E

Mettre en parole c’est :
• Mettre à l’extérieur ce qui se passe à l’intérieur.
• Voir comment s’organise les représentations internes.
• Partager avec le tiers notre singularité.

Sans parole, tout n’est qu’interprétation personnelle pure et simple.
Sans parole, il est impossible de se différencier de l’autre, ce qui maintient celui qui n’y parvient pas dans une relation symbiotique.
Sans parole, l’angoisse apparaît et alerte sur les difficultés à se faire comprendre, à s’exprimer, à s’expliquer et à partager.
L’absence de parole empêche de nommer ce qui se vit dans le corps, ce que l’imaginaire traduit, ce qui n’est pas compris et ce qui effraie.
L’absence de parole est l’origine de la plupart des conflits internes désignés par le terme d’angoisse.

D E S  C O M P É T E N C E S  Q U I  FAV O R I S E N T  L’ É M E R G E N C E  D E  L A  PA R O L E .

Être centré sur la personne.
Se synchroniser avec elle. Observer son non-verbal.
Écouter sa plainte.
Être bienveillant.
Observer son propre ressenti.
Repérer le canal sensitif de prédilection de l’interlocuteur (visuel, auditif, kinesthésique).
Repérer sa porte de communication de prédilection (pensée, émotion, ressenti, comportement).
Repérer « si possible » le ou les drivers scénariques (son besoin d’être parfait, de faire plaisir, d’être fort, de faire des efforts, de se dépêcher).
Repérer la fonction du symptôme ou de la plainte.
Chercher la fonction positive en toute chose, en différenciant bien l’intention et les conséquences.
Chercher l’inconvénient ou la résistance à changer la difficulté.
Mettre à jour l’émotion authentique.
Repérer les transactions cachées ou les demandes non formulées explicitement.
Être attentif aux jeux psychologiques.
Soutenir avant de conduire le changement.
Proposer des pistes d’amélioration.
Proposer plutôt que d’imposer.
Se rappeler en permanence que la personne a les capacités de changer, et surtout de ne pas l’enfermer dans une case prédéfinie.

Et la plus importante, nommer ce qui n’est pas nommé tout en acceptant que cela peut ne pas être entendu, ne pas être accepté ou que cela ne corresponde pas à la représentation que la personne se fait de la chose, etc..

Tout ceci en acceptant que tout changement demande du temps. Que de respecter la vitesse de chacun est la meilleure façon de lui permettre d’installer sa sécurité sans laquelle il est impossible d’accepter le changement. La sécurité étant le premier des besoins qui doit être satisfait, elle reste une impérative nécessité avant de pouvoir faire confiance au tiers. La satisfaction de ces deux besoins et conditions sont la garantie pour pouvoir mettre en action les moyens et les décisions nécessaires à un changement réussi.

JEAN-MARC FARAHMAND
Pau, le 16 mars 2018

La honte, sentiment censé protéger du jugement extérieur…

La honte, sentiment censé protéger du jugement extérieur et qui, paradoxalement, s’alimente de nos croyances, de nos représentations et de nos vécus internes.

Le sentiment de honte est un sentiment conflictuel qui résulte de l’inhibition de l’élan de vie confronté à un interdit social ou moral.

Il se réactive de façon systémique dès qu’une personne cherche à éviter un possible risque d’être ou de se sentir à nouveau jugé.

Ce qui rend difficile à vivre ce sentiment, c’est que la personne le vit comme étant jugée par l’extérieur, alors que la source de ce jugement provient de la mise en place, par l’auteur, d’une défense qu’il généralise. Cette défense consiste à vouloir protéger la personne du même jugement, en la projetant sur des personnes ou des situations imaginaires, dans le but d’éviter de revivre l’expérience douloureuse passée, mais qui paradoxalement va le lui faire revivre.

La honte est donc un mécanisme d’évitement qui a pour objectif de protéger d’une souffrance ou d’une frustration déjà vécue par le passé. C’est un mécanisme paradoxal qui est projeté sur des personnes ou des situations, dans le but d’atténuer préventivement toute sensation désagréable qu’on imagine et qu’on redoute.

La honte est un sentiment. Elle est présente dès la conception du petit d’homme.

Elle est l’une des premières défense mise en place pour protéger et préserver ce « moi » naissant, en construction. Elle reste plus ou moins présente de façon consciente ou inconsciente selon l’importance de nos blessures. Ce sont les différentes expériences ultérieures, plus ou moins bien vécues, qui permettront, ou pas, de s’en libérer voire de s’en guérir. Elle est repérable lors de manifestations de pudeur qui se traduisent par un rougissement embarrassant pour la personne. On l’observe aussi à travers des comportements qui en témoignent lors d’échanges verbaux et non verbaux.

Le petit d’homme la conscientise dès la phase de différentiation. Elle semble être la défense la plus à même pour protéger son « moi » en construction et, bien que souvent handicapante, semble être incontournable dans la construction de la personnalité.

Si la personna (le masque) est l’image à laquelle chacun s’identifie, la personnalité, bien qu’ayant une certaine constance, se développe et évolue au rythme des apprentissages qui contribuent à son évolution de conscience tout au long de l’existence.

La personnalité avec laquelle chacun se définit et à laquelle il s’identifie est le résultat d’une dialectique entre conscient et inconscient. Elle se développe à travers des échanges d’informations entre l’intérieur et l’extérieur. Elle se construit en engrammant dans nos mémoires cette interprétation que chacun fera de façon spécifique.

Ces échanges qui sont à la fois verbaux, non verbaux et para-verbaux sont des transactions porteuses d’informations. Ils proviennent de l’extérieur, de la part de nombreuses figures de références ou d’autorités et ils trouvent, ou pas, un eco et une résonance avec la personne. Ce sont eux qui contribueront aux interprétations propres, intuitifs et logiques de chacun. Les interprétations du « moi » ou de l’enfant intérieur seront à l’origine de nos représentations et composeront la cartographie et les bases de notre réalité et de notre vérité.

Ces interprétations, l’analyse transactionnelle les observe à l’aide de son concept appelé système de scénario qui permet de repérer la coloration spécifique de chaque personnalité.

Le sentiment de honte est issu de ce dialogue interne et paradoxal comme vous l’avez compris. Il informe sur les croyances que chacun a sur soi, les autres et le monde et elles devront être revisitées, remises en question avant de s’en libérer et s’en défaire.

Pour s’en libérer un processus permet de déconstruire progressivement la vision et les représentations qui sont à l’origine de la souffrance. Cela ne sera pas sans quelques résistances psychiques, que la personne développera pour se défendre de ses propres représentations et pour éviter de revivre la ou les souffrances passées. Y parvenir va donc demander de mettre en place une possibilité de pouvoir expérimenter une nouvelle vision de l’événement qui, du coup, induira le mécanisme de libération.

Pour cela, le travail consiste à mettre à jour les croyances, les représentations et autres éléments qui constituent la vérité de la personne. Puis ce sera de l’aider à conscientiser que ce sont ses représentations qui l’agissent et qui la font agir. Cette étape est importante pour qu’elle puisse ensuite modifier et déconstruire certaines des composantes de sa vision. Elle devra le faire dans un cadre sécure et bienveillant qui lui donnera la possibilité de s’exprimer sans être jugée. Ce sont des conditions incontournables sans lesquelles la personne souffrante de la honte ne pourra pas se risquer à déconstruire sa réalité. Réalité qui jusque là l’empêche d’exprimer son élan vital de façon juste et authentique.

En résumé on peut dire que la honte est le résulta de la rencontre d’un désir et d’un interdit. Que le désir est l’expression de la vie qui prend sa source à l’intérieur, dans un magma pulsionnel qui veut pouvoir s’exprimer de façon plus ou moins acceptable vers l’extérieur. Que l’interdit correspond à des règles sociales explicites ou implicites qui ont été posées pour rendre admissible et conforme les désirs qui ne sont pas toujours compatibles et respectueux d’un vivre ensemble en collectivité. L’interdit est quant à lui une règle ou une loi imposées par un tiers extérieur (personne, institution, morale) qui oblige de contenir les désirs non élaborés et pulsionnels dans le but de maintenir l’homéostasie d’un vivre ensemble. Les interdits Freud les représentent par une instance psychique prévue pour réguler les pulsions et il la nomme le Sur-moi. L’analyse transactionnelle, et son fondateur Éric Berne, les représente par l’instance parentale, en particulier par le parent « critique « .

Les règles et les interdits ont donc des sources aussi diverses que possible. Ils sont exprimés de façon explicite par une autorité, ou transmis de façon implicite par la culture, la philosophie, la vision religieuse et la coloration politique de l’environnement. Ils sont à l’origine des valeurs qui, bien que pas toujours universellement présentes en chaque individu, peuvent être rendues universelles, en fonction de l’évolution de conscience qui peut être proposée par de nouvelles visions, de nouvelles interprétations qui seront plus adaptées que celles mises en place durant la petite enfance.

Le seul protocole pour le faire et de s’en libérer semble être :
– La prise de conscience de la souffrance.
– La possibilité d’expérimenter la situation dans un contexte bienveillant et sécure.
– La mise en mots pour déconstruire la ou les représentations que l’on se fait de notre réalité.
– La redécision qui permet de reconsidérer l’événement différemment.

C’est ce que nous offrons à ceux qui participent aux ateliers que l’on propose dans la Dynamique Evolutive du Changement.

Jean Marc Farahmand
Pau le 20 février 2018

La peur cette émotion mal aimée…

La peur cette émotion mal aimée qui nous oblige à donner du sens.

La peur, l’une des quatre émotions principales, présente en chacun est un signale/un langage qui a pour fonction de nous protéger. Elle se décline sous différents termes comme stress, crainte, méfiance, anxiété, trac, angoisse, terreur, phobie, paranoïa, etc… Ils indiquent simplement des degrés divers d’intensités.
Elle est la source ou le résultat des plus grandes souffrances humaines.
Comme le dit Betty Alice Ericksonne, fille de Milton, il y a deux sortes de peurs :

  • La peur du Lion, c’est-à-dire des événements réels et
  • La peur de notre imaginaire.

Nous vivons au quotidien avec les deux, souvent le plus difficile est de repérer les peurs de notre imaginaire et de s’en détacher. Les difficultés de les repérer sont souvent dues au fait qu’elles peuvent se cacher derrière d’autres émotions, que l’Analyse Transactionnelle désigne sous le terme de « racket », c’est-à-dire qui, comme pour le train, une émotion peut en cacher une autre.

Par exemple une personne qui montre qu’elle est triste alors qu’elle est en colère ou celle qui est en colère alors qu’elle a peur, etc.

C’est en partie pour cela que la peur est souvent tapie, cachée derrière la plupart des comportements violents.
Si la fonction de la peur est de protéger, elle peut aussi devenir notre prison.

  • Alors voyons d’abord les peurs que B.A.E. désigne par peur du Lion ou réelle.

On peut dire qu’elles correspondent à toutes situations, actions, ou relations objectives qui peuvent mettre en danger l’intégrité physique ou psychique de la personne.

  • Pour les situations, ce sont celles dont les conséquences dommageables peuvent, ou pas, être évitées.
  • Par exemple traverser une route ou il y a de la circulation, vivre pendant une guerre…
  • Pour les actions, ce sont celles qui peuvent mettre en danger l’auteur ou son environnement.
  • Par exemple le saut à l’élastique, un feu de campagne ….
  • Pour les relations, ce sont toutes celles qui menacent l’intégrité physique ou psychique.
  • Par exemple les comportements violents envers soit ou envers les autres.

Ces peurs sont faciles à nommer, facile à donner du sens, facile à repérer, souvent facile à en connaître les causes, à les comprendre et à les accepter.

  • Maintenant, pour définir toutes celles que B. A. E. désigne par imaginaire :

On peut dire qu’elles appartiennent à notre intériorité, à notre subjectivité. Elles s’expriment le plus souvent à travers le langage somatique. Elles s’élaborent à travers des représentations que notre imaginaire met en image, en mots, en paroles et en comportements pour exprimer un sens qui nous est propre, celui que l’on partage avec nos semblables. C’est cette subjectivité et cette créativité qui sont à la fois à l’origine de nos meilleurs comme de nos pires croyances scénariques.

Nous savons aujourd’hui que le processus de préservation de l’espèce est géré par notre cerveau reptilien instinctuellement et qu’il réagit de façon automatique à tout ce qui peut représenter une menace pour la vie du système. Nous savons aussi que cette réaction automatique se manifeste à travers trois réponses bien connues qui sont : l’attaque – l’inhibition – la fuite. Mais nous savons aussi que si ces réactions sont salutaires lors de peurs définies par BAE comme « réelles », elles le sont moins lors de peurs subjectives. L’inconvénient de ce mécanisme c’est que pour le cerveau il n’y a aucune différence entre les peurs objectives ou « réelles » et les peurs subjectives ou « imaginaires ». Il y réagi de façon identique. C’est pourquoi seul le sens donné aux informations qui sont traitées et véhiculées peut permettre de différencier l’une de l’autre. Le sens est la seule option pour changer notre perception des choses, pour voir l’événement sous un nouvel angle, ce changement dans le langage courant est désigné par : recadrage, prise de recul, lâcher prise ou faire le deuil

Le sens, si l’on essaie de le conceptualiser, on peut dire que c’est un mécanisme complexe qui permet de relier le ressenti kinesthésique, émotionnel, corporel, avec l’imagerie mentale de l’imaginaire. C’est ce sens subjectif que l’on transmet à travers le langage verbal, non verbal et comportemental.

Le sens, Boris Cyrulnik dans « Éloge de la peur » le défini comme un contenu psychique, il l’illustre en disant : » la peur est bien plus liée à l’idée que l’on se fait des choses qu’à la perception que l’on en a » .

Si l’on accepte ce postulat, cela devient évident que ce sont nos représentations, qui sont à l’origine de l’intensité de nos sensations agréables comme désagréables. L’objet de cette échange n’étant pas de décliner les différentes peurs et angoisses, alors je vous propose d’orienter notre réflexion sur la peur de l’autre et la peur de la relation.

Donc avant d’aller plus loin, il est bon de nous rappeler que le danger n’est pas toujours la ou on le croit ! Alors que nous voyons sa source à l’extérieur de nous même, elle est le plus souvent lovée au plus profond de nos croyances, celles que l’on a sur nous, sur les autres et sur le monde et qui constitue notre scénario de vie (concept A.T.) .

Il y a bien des façons pour aborder ce sujet, aujourd’hui je vous propose qu’on le regarde sous l’angle de notre évolution psycho-affective dans nos relations aux autres.

En dehors des trois angoisses que tout individu traverse lors des trois premières années de son existence, « je fais référence au fondement psychanalytique- Freudien », il y a cette autre que Christophe André nomme angoisse Sociale (voir psychologie de la peur), à laquelle je vous propose de porter un intérêt particulier maintenant. Cette angoisse, ou peur est activée par les représentations, que l’on a de l’Autre et qui sont le plus souvent le résultat de nos apprentissages passés, en particulier celles de nos expériences vécues lors de notre petite enfance (je fais référence à la théorie du lien de J. Bolby
Alors pour commencer à leur trouver du sens, je vous propose de façon tout à fait subjective quatre grandes catégories :

  1. La peur de ne pas exister ou de mourir, qui nous oblige à développer notre confiance et l’acceptation de notre finitude.
  2. La peur de ne pas pouvoir » faire » ou d’être impuissant, qui nous oblige à développer l’acceptation que nous ne sommes pas tout puissant et nous oblige à développer l’humilité.
  3. La peur de ne pas savoir ou de ne pas connaître, qui nous oblige à accepter d’être dans un apprentissage permanent et de se donner du temps.
  4. La peur de ne pas réussir à  » Vivre » sa vie, qui nous oblige à s’aimer comme on est et à oser être qui l’on est.

Ces quatre catégories nous les retrouvons dans les peurs sociales les plus courantes dont:

  • La peur d’être abandonné/rejeté, qui nous pousse à une suradaptation jusqu’à nous rendre dépendant de la volonté de l’autre.
  • La peur d’avoir honte, qui pousse à développer l’orgueil ou l’arrogance vertueuse jusqu’à renoncer à ce que l’on voudrait de peur du jugement de l’autre.
  • La peur de nos désirs, de ne pas atteindre nos objectifs, qui nous pousse à nous dépasser et dépasser nos limites, nos ambition, pour une meilleure estime de soi, dans le but, même bien caché, de prouver quelque chose, à l’autre ou aux autres.

Le point commun à l’ensemble de ces peurs est la peur du jugement, la peur du regard de l’autre, la peur de ce que pense l’autre, la peur qu’il ne nous aime pas ou qu’il ne nous apprécie pas. Ces peurs nous informent juste du degré de la mauvaise estime que l’on a de nous même et des secteurs de vie dans lesquels nous nous dévalorisons.
Comme le décrit si bien Paul Wazlawick dans « Comment faire son propre malheur » la peur du jugement est toujours due à nos propres discours internes, nous n’avons nullement besoin de la présence d’un tiers pour nous la provoquer. C’est pour cela que l’on a toujours besoin d’abord d’un référent externe (ex. thérapeute, ami, lecture, etc.) , puis interne (ex. Adulte (concept d’AT), d’une conscience élargie, d’expérience de groupe réussie, etc.) pour nous aider à prendre le recul nécessaire et pour s’en détacher.

Le plus difficile dans ce travail de détachement sans un tiers externe est que chaque fois que nous faisons une expérience, nous la généralisons, puis nous la classons dans nos interprétations passées et connues et, comme ils sont à l’origine du conditionnement de notre vision du monde, la prise de recul devient un exercice compliqué.

Pour illustrer mon propos, je vous propose de vous représenter un cycliste, nez sur son guidon, qui trace sa route et qui pour s’assurer de son équilibre et sa sécurité ne peut absolument pas observer la diversité du paysage. Cette diversité, dans notre cas, correspond à la possibilité de ralentir, c’est à dire réfléchir avec un tiers (*) ce grand Autre cher à J.Lacan pour découvrir les divers choix possibles, avant de pouvoir changer notre regard, nos comportements donc nos croyances, nécessaire pour se libérer de nos peurs.

Alors pour revenir à cette émotion que nous n’aimons pas franchement et à sa fonction, on peut la voir comme une source présente dans notre existence qui nous permet, nous pousse, nous oblige à donner du sens à tout, car la source de nos plus grandes angoisses est et reste le « non sens » des événements.

Le besoin de sens nous le retrouvons au quotidien lorsque par exemple :

  • Malade, nous imaginons le pire jusqu’à ce qu’un médecin ou un référent nous pose un diagnostic, il est intéressant d’observer qu’une fois fait, notre calme revient même provisoirement.
  • Nous rencontrons une personne peu connue et avec qui nous ne savons pas ce que nous allons faire ensemble, il suffit que l’un de nous précise son intention, donc lui donne un sens, pour sentir « ouf » ça va mieux.
  • C’est probablement pour cela que la mort reste toujours celle à laquelle il est le plus difficile de donner du sens.

Si je devais trouver un point commun à l’ensemble de ces peurs, il me semble que la souffrance, à des degrés et intensités de vécus (toujours subjectifs), en serait le dénominateur commun. Cette différence observable lors d’une séance d’acupuncture, d’une opération, d’une maladie, d’un changement, d’une séparation, d’un deuil en est son illustration. L’exemple extraordinaire de Christiane Singer dans « dernier fragment d’un long voyage » me semble la plus belle illustration de cette subjectivité en ce qui concerne la maladie et la mort.
En conclusion

Si nous acceptons que c’est notre créativité qui permet à la peur de prendre autant de formes, de masques, de modes, de manifestations et qu’elle nous oblige et permet de trouver du sens aux choses, événements , bref à la Vie en générale, nous pouvons postuler alors que :

  • La peur de la mort oblige à trouver du sens à la vie.
  • La peur de la maladie oblige à donner du sens à être en santé.
  • La peur de l’abandon oblige à donner du sens à être en lien.
  • La peur de l’exclusion/rejet oblige à donner du sens à notre appartenance à une communauté.
  • La peur de la responsabilité oblige à donner du sens à notre besoin d’autonomie.
  • La peur de l’autre oblige à développer et à donner du sens de l’altérité et à la différence, etc., etc.

C’est probablement pourquoi Christophe André et d’autres proposent que les thérapeutes et toutes personnes qui veulent s’aider et aider l’autre à sortir de la peur, développent une créativité pour pouvoir trouver des antidotes à ce poison que seul le sens, celui que l’on veut donner à sa vie, peut permettre. Ce sens impératif est probablement la seule option pour ceux qui veulent vivre leur vie pleinement et confortablement.
L’angoisse sociale étant le plus grand pouvoir que chacun donne à ce grand Autre (J.Lacan). On comprend qu’elle soit à l’origine de la plupart de nos états de mal être. Le meilleur antidote à ce mal être semble être notre capacité à s’aimer comme on est, oser montrer qui l’on est et comme on est, non pas narcissiquement pour prouver aux autres que l’on est le plus grand, le plus fort, le meilleur, mais seulement pour notre propre salut.

Claude Steiner propose pour y arriver de developer une hygiène de vie pour pouvoir voir le plus souvent le verre à moitié plein. Il nous dit qu’il est important de développer notre alphabet émotionnel que sont livre , « les contes Chaud et Doux des Chaudoudoux » illustre remarquablement. C’est ce qui me fait dire que si nous arrivons à développer de la bienveillance vis à vis de soi même comme de l’autre, nous devrions progressivement arriver à lâcher nos peurs de la relation et dans nos relations et arriver à une véritable altérité.
C’est ce que je nous souhaite à chacun.
Merci de votre attention.

Jean Marc FARAHMAND

La psychothérapie et la relation d’aide

La psychothérapie et la relation d’aide, ont-t-elles un impact sur le lien social en souffrance ?
Ce sujet pose la question si le travail sur soi, la relation d’aide, l’accompagnement psycho-social, l’éducation, le soin, la psychothérapie ont un impact sur le lien social en souffrance?
Mais aussi s’ils ont un pouvoir pour agir et quels sont leurs devoirs pour le faire ?
Vaste sujet qui pousse à réfléchir sur comment ces champs complémentaires qui s’interpénètrent contribuent à améliorer, à apaiser, à soulager, à donner des outils, à apprendre à être, pour s’adapter le plus écologiquement possible à l’environnement, tout en contribuant à créer le lien nécessaire à une homéostasie du vivre ensemble, essentiel pour tenter de progresser sans laisser personne sur le bord de la route.
Si la question est de savoir s’ils ont un impact sur le lien social en souffrance ? La réponse simple serait de dire oui sans aucun doute.
Mais il me semble qu’avant de répondre si un champ peut avoir un impact sur la souffrance et si il peut agir sur le lien, et le lien social en particulier, nous avons besoin de préciser ce qu’est un lien, ce qu’est une relation, ce qu’on entend par souffrance et ce qu’on entend par lien social.
Ce qui fait qu’y répondre n’est pas simple. Je pense pour ma part que ce n’est pas un champ ou un autre qui a un impact sur la souffrance, encore moins sur le lien social, mais la disponibilité, la présence, la bienveillance, la sécurité que propose les accompagnants, en fonction du degré d’autonomie et de conscience des personnes en souffrance. Leur rôle s’ils en ont un, c’est de leur proposer des moyens pour intégrer la sécurité nécessaire pour pouvoir rester en relation. Le choix de rester en lien ou pas étant toujours une décision individuelle, qui est conditionnée par le niveau de maturité affective et la capacité de résilience de chacun. D’ailleurs, nous savons, ô combien parfois, qu’il est difficile lorsque nous sommes confronté à l’impuissance à laquelle nous renvoie la souffrance, de réussir aussi bien que nous le voudrions à l’accompagner et comment parfois malgré nous, par
un mot, une proposition, une piste, involontairement nous contribuons à l’amplifier. Ce qui fait réaliser combien l’impuissance à ne pas pouvoir répondre à la détresse, ou soulager la douleur peut être à l’origine de rupture de lien ou d’auto-exclusion au niveau social.
C’est pourquoi je vous propose de définir ensemble ce que sont pour nous la souffrance, le lien, le lien social et bien évidemment comment se créé la relation, qui me semble être le principal sujet qui intéresse ce thème, car le lien ne peut se définir que dans la relation et l’absence de souffrance dans la présence d’un lien stable et suffisamment sécure.

Alors comment définir la souffrance ?
Comment le faire pour quelque chose qui appartient à un ressenti qui est autant subjectif qu’objectif, physique que moral. Ceci n’est pas aisé. Je vous propose, au risque de me tromper, de définir la souffrance comme tout ressenti qui a une durée, un temps, une période, une fréquence, une intensité, qui empêche tout être qui la ressent de vivre dans l’insouciance de son présent. La douleur quant à elle pouvant être définie comme la mesure de l’intensité de ce vécu, qui se manifeste dans le corps physique. Si la douleur physique est relativement facile à décrire, celles qui parlent des souffrances morales ou psychologiques le sont beaucoup moins et demandent un processus d’élaboration par la parole qui n’est pas simple. Je vais pourtant m’y essayer plus loin en ce qui concerne la
relation.

Comment définir le lien ?
Là aussi, exercice difficile, je vous propose de concevoir le lien comme une relation particulière, logique ou pas, d’ordre affectif, de dépendance entre divers éléments, choses ou personnes, qui s’établit sur une base réelle ou virtuelle et qui impose un attachement qui peut se manifester dans une relation allant du plus sécure au moins sécure et, parfois même, pouvant aller jusqu’à se vivre comme une contrainte, un emprisonnement voire à
une aliénation.
Dans le domaine de l’accompagnement quelle que soit la souffrance, l’accompagnant interroge toujours la nature du lien et sa relation aux objets, aux personnes, aux idées et à leurs représentations. C’est pourquoi le plus souvent, pour ne pas dire toujours, c’est la nature de la relation entre l’accompagnant et l’accompagné, qui par les interactions qu’elles produisent, entraîne la transformation de ce lien et permet progressivement l’acceptation nécessaire pour opérer le changement. La transformation de la représentation de l’idée et de l’affecte sans un ressenti sécure entraîne au mieux une sur-adaptation sociale et une libération temporaire de la souffrance. C’est pourquoi les approches psy postulent que le changement ne se produit que dans une relation transférentielle, qui s’articule entre des interactions qui tiennent compte de la nature de la demande et le besoin de réappropriation des apprentissages manquants par l’accompagné. Cette dernière résultant de l’expérience, réussir d’un lien sécure, que l’accompagné introjecte progressivement. Cette dynamique psycho-affective qui restaure la sécurité relationnelle permet d’accéder à l’interdépendance, que la philosophie Bernienne de l’analyse Transactionnelle défini comme le véritable vécu d’autonomie.

Comment définir la relation ?
Je vous propose de la voir comme l’ensemble des liens et des rapports qui existent entre des personnes qui communiquent entre elles par des contacts physiques, émotionnels, affectifs, verbaux, para-verbaux ou non-verbaux. Les échanges qui en découlent entraînent systématiquement des réactions qui alimentent et maintiennent la relation, à la fois de façon consciente ou inconsciente.

Comment définir le lien social ?
La sociologie le défini comme l’ensemble des appartenances qui lie les gens et les groupes sociaux à leur communauté et entre eux, l’intensité étant fonction des orientations et des propositions de leurs systèmes. L’observation politique des systèmes a permis de se rendre compte que plus les relations entre les individus qui le compose est sécure, plus les personnes se comportent de façon indépendantes ou autonomes, avec des liens qui sont
relâchés, fluides, confortables et qui favorisent une relation plus authentique. En revanche plus les relations entre les individus sont insécures, dépendantes ou contre-dépendantes, et plus se manifeste dans le système des relations qui sont tendues, agressives, dans la méfiance, et qui les oblige à se sur-adapter, tout en fragilisant le lien et en augmentant le risque de rupture et de rupture sociale en conséquence.
Ce sujet, parle donc bien évidemment de la difficulté relationnelle et de la souffrance qui résulte de l’alchimie qui s’opère entre l’expression et l’interprétation des messages échangés, conscients et inconscients, entre ceux qui les émettent et ceux qui les reçoivent.
Pour développer mes propos, je vous propose un angle tout à fait subjectif, à partir de l’expérience d’accompagnement d’individus et de groupes restreints, qui me fait postuler trois niveaux de souffrance.

-Les souffrances psychiques d’ordre psycho-affectif.
-Les souffrances psychiques et physiques causées par les accidents de la vie.
-Les souffrances de sens d’ordre existentiel.

Les travaux de J.Bowlby et C.Answorthe sur le lien, les apports sur la construction de la psyché proposés par la psychanalyse, la psychologie, la sociologique, les sciences de l’éducation, les sciences humaines en général et la pharmacopée du corps médical pour certains cas ainsi que la psychanalyse des profondeurs, la philosophie, la mythologie, les philosophies religieuses pour les autres sont autant d’approches qui aident et apportent
nombres de réponses à l’ensemble des souffrances de l’existence.

– Alors comment l’accompagnant que nous sommes, à notre niveau, peut intervenir dans ce vaste champ qui appartient à la psyché et qui se manifeste dans la relation ?
– Comment soulager cette souffrance qui pousse certains individus à rompre le lien et le lien social parfois ?
– Comment accompagner des êtres aussi complexes, qui en permanence doivent trouver un équilibre entre des conflits paradoxaux qui les traversent ?
– Comment aider quelqu’un qui souffre, par exemple, de ne pas pouvoir satisfaire ses besoins d’affection, d’amour, de signe de reconnaissance, ou ses envies, ses désirs d’avoir une relation amoureuse, mais aussi d’être reconnu et qui doit tenir compte des obligations morales, sociales et sociétales, c’est-à-dire des interdits qui l’obligent à  respecter les limites du vivre ensemble, c.à.d. l’Autre, les règles de convivialité et qui l’obligent à accepter qu’il ne peut pas disposer ni des choses ni des gens comme de tout ce qui ne dépend pas de lui ?
Si ceci paraît simple et évident au premier abord, lorsque des choix s’imposent, cela se complique. Choisir oblige à renoncer. Renoncer c’est choisir et choisir c’est accepter une part d’inconnu. Nous voici confrontés à la première difficulté, même si la raison nous dit que le choix est bon, la deuxième étape demande de transformer le cortège d’émotions, de sentiments, dont la peur de l’inconnu qui à elle seule va produire son cortège de souffrances.
Brrr ! Pour couronner le tout, comment faire lorsqu’il y a confrontation, obligatoirement nécessaire, au réel et que les représentations des besoins, des désirs, des envies (cadre de référence), projetées sur les choses, les situations, les personnes avec lesquelles la relation, le lien établi ne répondent pas aux attentes, souvent à nos exigences, nous occasionnant des désillusions et des frustrations qui vont ouvrir de nouvelle brèches dans le domaine de la souffrance.
Enfin, comment aider et développer la capacité d’acceptation et de résilience nécessaires, sans lesquelles la souffrance dans la relation ne peut que persister ?
La résistance au changement, qui nous parle du mécanisme psychique de défenses élaboré dès l’enfance et qui se réactive face à chaque nouvel apprentissage, nous parle aussi d’un autre axe pour observer la souffrance. Son intensité est toujours proportionnelle au stress, « déclinaison de la peur », vécu dans la situation. Ce stress, parle encore et toujours de l’insécurité relationnelle et montre encore que plus il est fort, plus il témoigne d’un manque de confiance, d’un sentiment de dépendance qui renvoie à des ressentis de représentations archaïques bien connues comme la peur de l’abandon, du rejet, d’avoir honte etc. Et moins il est fort, plus la confiance en soi, en l’autre, en la vie et de l’inconnu diminue. Cette dimension de la souffrance n’épargne personne, à des degrés divers, qui serait trop long à développer aujourd’hui, mais explique l’une des origines de ce qui produit une rupture du lien et du lien social par conséquence. La source des souffrances étant infinie, je m’en tiendrai là, et pour terminer, je vous propose une vision simplifiée de l’accompagnement, en quatre étapes, qui peut être exprimée ainsi :
• Accueillir la personne en souffrance, où elle se situe dans sa dynamique affective (D-CD-I-ID).
• La soutenir tant qu’elle en a besoin et tant que cela respecte l’écologie de la personne et de son environnement (besoin, situation et secteur de vie concerné).
• Lui permettre de se confronter, dans la bienveillance, à ses représentations pour développer ses capacités propres d’agir et de sortir des paradoxes internes et externes, pour qu’elle se libère de ses angoisses et de ses conflits (c.à.d. lorsqu’elle arrive à concevoir ce qu’elle ne veut plus, mais qu’elle ne peut pas encore faire de nouvelles propositions pour assumer sereinement la responsabilité de ses choix).
• Lui faire prendre conscience de ses limites et de l’importance de ne plus chercher à prouver aux autres quoi que ce soit, pour accepter progressivement qu’être responsable de ses choix et de ses actes est une bonne chose, mais pas suffisant pour créer l’homéostasie nécessaire au vivre ensemble dont je parlais au début de mes propos.
Ce cheminement confirme l’importance de tous les champs et le besoin de leurs compétences et de leurs complémentarités pour accompagner la souffrance et donner des outils qui permettent l’autonomie et l’écologie nécessaires à un vivre ensemble.
L’autonomie, la responsabilisation et la coopération me semblent être les trois états fondamentaux pour vivre une vie sociale dans des liens sécures et épanouis. C’est pourquoi je suis un farouche défenseur qui déclare d’utilité publique le travail sur soi, quelles que soient la méthode, la technique ou l’approche qu’on choisit.
Je rappelle qu’il y a fort longtemps, un homme a dit : « Donner un poisson à manger à un individu, il sera nourri un jour, apprenez lui à pêcher et il saura se nourrir toute sa vie ».
C’est pourquoi je conclurai en disant que si nous avons un devoir, pour moi, ce serait sans aucun doute celui de transmettre les outils que nous maîtrisons à ceux qui en ont besoin, de façon bienveillante et congruente, pour que l’humain en souffrance, que nous sommes tous, évolue avec ses semblables, en sachant se nourrir, grandir et se réaliser en restant toujours en lien avec ses paires en humanité, sans lesquels il ne peut réussir.
Jean-Marc Farahmand
le 24-06-2016
Intervention dans le cadre de la Journée d’étude, pour les aidants et les thérapeutes à
l’Association Spirale de Pau.

La crise étape incontournable du processus de changement

LA CRISE ÉTAPE INCONTOURNABLE DU PROCESSUS DE CHANGEMENT.

-Qu’est-ce que le changement ?
-Qu’est-ce que la crise ?
-Changement et peur du changement
-Le changement risque ou opportunité ?
-Les étapes du changement.
-Processus du changement.
-Quel accompagnement lors du processus du changement.
-Quelques hypothèses sur la crise et les étapes du changement.-
-Personnel.
-Sociétal.
-Économique.
-Politique.

LA CRISE ET LES PROCESSUS DE CHANGEMENT
Si nous acceptons cette phrase extraite du livre de sagesse chinoise, le «TAO-TE-KING» qui dit :
«Il n’y a qu’une seule chose qui ne change pas, c’est le changement»
Alors nous pouvons postuler que :
Chaque personne comme chaque organisation est un organisme vivant qui possède un instinct de croissance qui nécessite un environnement qui favorise son développement et sa croissance.
Le Processus de changement parle d’éveil, d’élargissement de la conscience et nous oblige à nous interroger sur notre rapport à l’autre, à l’environnement, au vivant en bref, à donner du sens à nos pensées, nos ressentis, nos émotions, nos comportements et nos actions.
Le processus de changement permet de prendre conscience de l’importance de Co créativité, de coresponsabilité de Co élaboration. Il fait appel, comme le dit « Edgar Morin », à une pensée et à une vision systémique et complexe.

QU ’ EST – CE QUE LE CHANGEMENT ?
Le changement est un processus de croissance. Il se manifeste dans chacun des domaines de l’existence.
La vie est un processus continuel d’apprentissage. Elle permet à chaque organisme de trouver, à travers le changement, la meilleure façon de s’adapter à son milieu environnemental pour y jouer son rôle en fonction de sa nature.
Cette adaptation permet de préserver la vie de l’ensemble du système. Elle est un mouvement perpétuel de croissance, de transformation continue, qui met en mouvement la dynamique de l’évolution.
Il est important de noter que la finalité de la vie est la Vie et que ce processus de transformation n’est autre que le respect de cette finalité.
Pour les individus, le changement se manifeste à travers un processus de croissance dans les différents domaines de leur existence. Qu’il soit «physiologique, physique, psychologique, affectif, comportemental, relationnel, professionnel, social, économique, environnemental, existentiel ou spirituel.
Ce processus est observable avec différentes approches ou prismes (1)
Le thème de cette intervention étant la crise et le processus de changement alors :

QU ’ EST – CE QUE LA CRISE ?
La crise est une étape incontournable du changement.
L’étymologique du mot crise, du latin « Crisis » veut dire manifestation grave. Elle annonce des incertitudes suite à une rupture d’équilibre.
En Grec « Krisis » signifie : décision importante, choix, jugement.
En français on l’emploie pour désigner des périodes de tension, des réactions douloureuses, des changements rapides, des remises en questions, des situations tendues et des troubles.
Tout en respectant ces différentes définitions, nous pouvons dire que la crise est le résultat de la rencontre de forces paradoxales. Qu’elles soient dues à un désir qui rencontre un interdit, ou à un besoin fondamental réel ou imaginaire qui se confronte à sa non satisfaction, ou bien d’une envie qui rencontre la peur qu’occasionne l’incertitude de sa mise en œuvre.
Le résultat de ces forces paradoxales entraîne, à des degrés divers, des dysfonctionnements qui obligent les organismes de les écouter, de leur donner un sens, avant de mettre en place une nouvelle organisation.
La crise oblige toujours, les systèmes à modifier leurs habitudes et à se positionner différemment face à leur environnement et au monde.
La crise, qu’elle soit d’ordre physiologique, psychologique, social ou organisationnelle, est toujours une étape incontournable du changement.
C’est elle qui provoque l’alchimie nécessaire à la transcendance, à la transmutation ou à la transformation.
Lorsque le changement réussi, il permet de transformer les peurs et les situations, quelles qu’en soient leurs raisons, en apprentissage et ainsi permet la progression des systèmes vivants.

POURQUOI LA CRISE ?
Lorsqu’il y a un équilibre entre le besoin et sa satisfaction, il n’y a aucune remise en question du mode de fonctionnement du système. C’est l’habitude, la routine, le connu.
Lorsqu’un déséquilibre apparaît, la crise est l’élément révélateur du niveau de ce déséquilibre, elle oblige le système à élaborer de nouvelles sources de satisfaction des besoins.
Le changement est toujours soit choisi, soit subi. C’est l’intensité du vécu qui donne l’information sur l’importance de la crise et sur le mode d’intervention à mettre en place pour la traiter.
Les symptômes de la crise se manifestent sous forme de tensions, de stress, de doutes, de remises en question et les résistances au changement sont activées selon la brutalité de l’événement.
L’intensité de la réaction oblige le système à s’adapter rapidement, ce qui souvent entraîne des souffrances violentes et parfois dommageables.
L’effet violent est presque toujours dû aux réactions de peurs, aux ressentis de manque, de vide et/ou aux pertes de repères qui demandent l’acquisition rapide de nouveaux apprentissages afin de s’adapter à la nouvelle situation.
Les angoisses, produites par l’insécurité de l’inconnu et de l’imprévisibilité du devenir, sont les facteurs qui entraînent le système vers des niveaux défensifs et régressifs.
Le temps et les expériences précédents sont les facteurs déterminants pour l’assimilation, rapide ou pas, des nouveaux apprentissages.
Les réactions et les comportements qui en résultent peuvent être explosifs ou implosives, en fonction des situations et surtout des types de personnalité des individus et des organisations qui les subissent.

PEUR DU CHANGEMENT
Le changement en général fait peur.Il est courant de lui résister, c’est un réflex naturel de protection face à l’inconnu. Il ne faut pas oublier que la fonction de la peur est de protéger. Elle est gérée par le cerveau limbique en lien avec le reptilien, dont la fonction est de préserver la vie. Elle est un réflexe naturel de protection.
Pour la psyché, le réflexe naturel est d’élaborer des défenses contre toute situation provoquant un sentiment réel ou imaginaire d’insécurité.
Les défenses sont élaborées tout au long de notre existence. Elles sont réactivées dès qu’un stimuli, externe ou interne, nous fait nous reconnecter à des souvenirs de vécus et d’apprentissages qui se sont plus ou moins bien passés.
La vie n’étant qu’un changement perpétuel (subi ou choisi), nous oblige sans cesse à s’adapter à de nouveaux contextes par de nouveaux apprentissages.
Chaque fois que les apprentissages se déroulent suffisamment bien, ils permettent aux changements suivants de se dérouler sans trop de résistance. Des qu’ils ne se déroulent pas de façon sécure, le système fait appel à des stratégies déjà connues, mises en place pour éviter les conséquences imaginables.
Les défenses sont multiples et variées. Elles se manifestent soit de façon active, soit de façon passive et génèrent toujours des conflits intrapsychique, observables à travers les comportements et les actes posés par les systèmes.

QU ‘ EST – CE QUI MOTIVE LE CHANGEMENT ?
C’est toujours la nécessité. Tant que la situation est confortable,ou suffisamment confortable, nous ne nous remettons pas en question. Le besoin de nouveauté, notre créativité, le besoin d’appartenance etd’identité, nous pousse sans cesse à rechercher du nouveau, tant sur le plan des besoins que des plaisirs. Nous les découvrons, le plus souvent, par un effet systémique d’appartenance et d’identification à un
groupe, qui va nous pousser, à travers ce nouveau paradoxe, à nous développer dans un double mouvement qui demande de nous différencier et de nous conformer tout en respectant l’équilibre entre leslimites et le possible. Cette recherche va devenir forcément source de souffrance, de manques, de peurs réelles ou imaginaires, mais aussi de joie, d’enthousiasme, de plaisir, d’opportunité, d’amélioration et de progrès,
qui vont nous mettre en mouvement pour le changement. Quelles que soient les raisons, nous sommes confrontés à un questionnement qui fait douter, qui fait peur et qui oblige à rechercher des réponses, qu’elles soient conscientes ou inconscientes.

Souvent les questions que l’on se pose sont :
Que se passerait-il si je/il/on change ?
Que se passerait-il si je/il/on ne change pas ?
Quel est l’UTILITE pour moi/ nous/ les autres ?
Quel en est l’INTERET et qu’est-ce qui va changer et /où améliorer pour moi/ nous/les autres ?
– Quel sont les conséquences et pour quel résultat ?
– Qu’est ce que je gagne à l’accepter ?
– Pourquoi et de quoi ai-je peur ?
La résistance au changement a toujours de bonnes raisons. L’inconnu et les représentations que l’on en a peuvent nous faire craindre au niveau :
– psychique, (la crainte de l’éclatement « psychose « )
– relationnel (des pertes, des ruptures, la solitude, l’abandon)
– système d’appartenance social (se retrouver SDF ou rejeté du système social)
– économique (une perte d’autonomie, de ne plus pouvoir subvenir à nos besoins, etc.)
Et comme nous le savons, il est souvent plus facile de s’habituer à plus que d’accepter le moins. Nous sommes confrontés à un autre paradoxe, qui est que pour avoir plus nous devons renoncer à quelque chose, soit sur le plan psychologique, soit relationnel, soit social, soit économique, soit matériel.
Cette nouvelle étape est souvent source de stress puisque nous connaissons ce fameux adage qui dit :
« Je sais ce que je perds, mais je ne sais pas ce que je gagne »
Par exemple :
– Si je veux trouver le plaisir de jouer avec d’autres enfants, il faut
lâcher la main que je tiens.
– Si je veux avoir le plaisir de découvrir une autre culture, il faut que
j’accepte de m’adapter à d’autres repères, donc de perdre au
moins provisoirement les miens, etc.

LE CHANGEMENT RISQUE OU OPPORTUNITÉ ?
— Ce sont les deux à la fois.
– C’est un risque :
– Si l’on veut maintenir notre cadre de référence avec nos croyances limitantes.
– Si nous ne voulons pas faire de nouveaux apprentissages.
– Si nous ne voulons pas faire le renoncement nécessaire.
– Si nous n’acceptons pas de nous donner le temps nécessaire au changement.
– Si nous ne tenons pas compte des conséquences.
– Si nous sommes dans un esprit de toute puissance (bien que des fois ça marche un temps).
– Etc.

C’est une opportunité :
Si j’accepte de faire les apprentissages nécessaires.
Si je me donne du temps pour l’intégration.
Si je perçois l’intérêt de la mise en mouvement.
Si je peux m’appuyer sur l’expérience précédente.
Si je peux m’appuyer sur le soutient du système.
Enfin si je suis confiant dans le processus de changement.
Si et si et si …….et bien d’autres encore.

LES ÉTAPES DU CHANGEMENT
Il y a plusieurs approches pour définir les étapes du changement, par exemple pour n’en citer que deux, celle qui va de la dépendance à l’interdépendance et celle qui va du besoin d’exister au besoin d’être, etc.
Mais quelle que soit l’approche que l’on utilise, il y aura les cinq phases incontournables des étapes du deuil défini par E. Kubler Ross, qui rythment tout processus de changement :
Ces étapes sont :
– l’inertie ou le déni
– la résistance, ou la colère
– le marchandage ou le refus de la réalité
– l’hésitation, ou la peur
– le renoncement ou la tristesse
– l’adhésion ou l’acceptation
Bien sûr chaque étape de changement commence par un choc, quelque chose qui consciemment ou inconsciemment nous met en mouvement. Dans l’approche empruntée à Joseph Cambelle du voyage du héros, R.
Dilts et S. Gilligan dénomme la 1 ère étape « l’appel », la 2 ème la décision, la 3 ème « le seuil », la 4 ème le voyage, qui comprend les épreuves, les cadeaux, la traversée du désert et bien d’autres pour arriver en fin à la 5 ème étape qui est le retour du héros chez lui.
Quelle que soit l’approche nous pouvons les représenter sous forme d’une courbe comme la figure ci-dessous : Ces propos pourraient être complétés avec la spirale du développement de l’autonomie. Mais cela demanderait plus de temps.

QUELLE AIDE OU QUELLE RÉPONSE PEUT – ON APPORTER LORS DES ÉTAPES DE C HANGEMENT ?
Si nous faisons l’hypothèse que le changement est un processus de croissance alors il devrait permettre :
– Sur le plan personnel, de développer d’abord son identité (moi je), pour ensuite se différencier et évoluer vers l’altérité, pour enfin accéder par la transcendance à la conscience de la reliance, seul état qui permet d’être vraiment dans l’interdépendance.
– Sur le plan sociétal, de développer la coresponsabilité, d’intégrer l’importance de la coopération et de la collaboration des systèmes humains, dans un respect écologique et économique, pour Co élaborer le système souhaité. La Co création, à ce stade, permet
de mettre l’énergie de chacun au service du sens de son existence et de son système d’appartenance.
– Sur le plan politique, reflet du plan sociétal, d’orienter la gestion des hommes, progressivement, d’un système où le « pouvoir de dominer et d’asservir » est remplacé par un système d’équité, de justice sociale,
permettant un équilibre simultané des devoirs, des obligations et des droits de chacun , dans le respect d’une écologie environnementale et d’ une croissance économique humaniste.

Quelques Hypothèses pour Accompagner le changement
Le changement s’opère par une alternance de croissance, de développement, de progression et de régression. Comme le mouvement des vagues sur l’océan. Il n’y a rien de linéaire dans le processus de changement.
Pour accompagner le changement sur le plan individuel il est important:
– De sortir du plan binaire (le bien et le mal, le sain et le malade, le bon et le mauvais, le fort et le faible) et interroger plutôt la fonction et l’utilité de la mise en place de chaque comportement, manifestation, symptôme, expression de langage, lorsqu’ils ne sont plus aidants pour la personne et son environnement.
– De développer l’acceptation du paradoxe qui habite chacun des individus.
– De tenir compte de l’interrelation de l’individu avec le où les systèmes dans lesquels il évolue.

D’observer les acquis de l’individu et le stade de développement où se trouve la difficulté (dépendance, CD, I, interdépendance).
– Pour reprendre Piaget, lorsque l’assimilation et l’accommodation des apprentissages sont défaillantes et ne répondent pas à la satisfaction des besoins fondamentaux, les apprentissages se font de façon partielle dans les différents secteurs de la vie.
– Le plus souvent le secteur qui se développe le plus lentement est le système psychoaffectif de l’individu. Or, il est le système clé dans l’élaboration des 3 stades de l’évolution humaine (id/alt/rel).
– Heureusement, les apprentissages acquis pendant la toute petite enfance, se complètent ou se restaurent, tout au long des rencontres, lors de liens privilégiés. C’est ce qui donne de l’intérêt à tout travail de développement personnel.
– L’analyse transactionnelle nomme ce travail  » du reparentage ». Il correspond à un accompagnement permettant la conscientisation nécessaire pour l’accès à l’acceptation de la différence et de la complémentarité.
– Pour accompagner les changements de l’individu, il est important de comprendre :
– Son cadre de référence.
– Ses difficultés et ses peurs.
– Ses besoins non satisfaits.
– Ses résistances en fonction de l’étape de développement.
– Les apprentissages défaillants ou incomplets.
– Etc.
Sur le plan social :
Si nous acceptons la définition de G. Rocher qui dit que le changement social est défini par toute transformation observable dans le temps et seulement si elle affecte, durablement, la structure et/ou le fonctionnement de l’organisation sociale d’une collectivité et qu’elle modifie le cours de son histoire.
Alors nous pouvons faire l’hypothèse que ce qui transforme durablement la structure et/ou le fonctionnement d’une organisation, sont les besoins émergents.
Souvent les changements profonds émergent après une période où les valeurs fondamentales du moment sont mal menées, avec des excès tant dans un sens que dans un autre (excès d’interdit et/ ou excès de permissivité, déséquilibre entre les droits et les devoirs), qui obligent, après une forte régression ou crise, la mise en place des moyens nécessaires pour l’étape suivante.
Pour spéculer sur les points d’amélioration envisageable dans cette période de crise actuelle, nous pourrions faire l’hypothèse qu’elle remettra au goût du jour des points comme:
– Le respect des personnes/ des lieux/des objets/de la nature/des espaces et des modes de penser différents, etc.
– Le respect des relations / des engagements ou désengagements / de leurs conséquences sur la communauté «humaine».
– Les civilités / la citoyenneté / la coresponsabilité des actions collectives etc.
– L’encouragement et la valorisation collectivité, etc. d’actions au service de la

Sur le plan économique :
Si l’économie est le moyen d’assurer les échanges indispensables à la vie de l’espèce humaine, qu’elle permet la croissance, par des échanges de biens et de services nécessaires à la satisfaction du progrès et du bien être des populations.
Nous pouvons faire l’hypothèse que la crise devrait permettre une évolution dans le sens de :
– Plus d’équité.
– Plus d’équilibre dans les échanges.
– Plus de réflexion dans les choix et l’utilisation des produits de consommation.
– Plus d’échanges responsables.
– Moins de gaspillage.
– Moins de consommation « Kleenex ».
– Etc.

Sur le plan politique :
Si l’objectif de la politique, dans le sens noble du terme, est de permettre une gestion saine du groupe humain dont elle est investie.
Nous pouvons faire l’hypothèse que la crise devrait conduire à une plus grande démocratie citoyenne, à un plus grand respect des différences, à une plus grande pratique de la coopération interpersonnelle, inter-région, voire pourquoi pas inter-nation.
Mais même si tout cela n’est qu’au stade de l’utopie à ce jour, la crise nous oblige à revisiter les points essentiels de nos priorités.
Elle nous fait progresser vers l’autonomie, en terme d’interdépendance, nécessaire pour vivre ensemble et pour ne pas arriver à l’excès futile de l’ultime régression qui nous conduirait vers la destruction de ce que l’humanité à mis des milliards d’années à élaborer et qui a permis de continuer l’aventure humaine jusqu’à maintenant. Restons optimistes et rappelons-nous cette phrase de « Mark Twain » qui
dit :
« Ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait ».
Jean-Marc Farahmand
Le 15 Juin 2012